Ce matin, nous prenons le petit-déjeuner au rez-de-chaussée qui est composé d’un espèce de croissant et d’un pain au chocolat, pas terrible et un pain marocain avec de la confiture du beurre ou du fromage.

On se dirige à notre point de rendez-vous pour notre départ de tour guidé de la médina à 10h.

Il faut suivre notre guide de très près car il a une voix très cassée et très peu forte. On apprend que le vendredi, tous les magasins sont fermés car c’est leur dimanche à nous. C’est un peu dommage et en même temps, on n’aurait pas entendu grand chose de notre guide, et on aurait perdu énormément de temps à essayer de se faufiler dans les rues.

On traverse le quartier des teinturiers mais tout est fermé.

Notre guide

Nous arrivons à la tannerie de Fès, l’un des sites artisanaux les plus emblématiques du Maroc, et même du monde.

Elle remonte au XIᵉ siècle et fonctionne encore aujourd’hui selon des techniques quasi inchangées.
Elle est souvent considérée comme la plus ancienne tannerie encore en activité au monde.
Environ 500 artisans y travaillent dans plus de 1 200 bassins de pierre.

Les méthodes traditionnelles utilisent des matières organiques (historiquement chaux, fientes, tanins végétaux). Résultat : une odeur très puissante — c’est pour ça qu’à l’entrée de la tannerie, nous recevons une feuille de menthe chacun à mettre sous le nez lors de la visite.

L’odeur est assez insupportable je confirme 😁
Ici les vestes coûtent entre 200 et 300 €.

À Fès, chaque métier traditionnel avait historiquement son quartier ; celui des chaudronniers s’appelle Seffarine (du mot arabe pour dinandiers).
Autour de la place et dans les ruelles voisines, on voit encore aujourd’hui des artisans marteler le cuivre, l’étain ou le fer-blanc pour fabriquer théières, plateaux, chaudrons ou ustensiles.
C’est l’un des rares endroits où l’artisanat médiéval se pratique toujours en plein air, comme il y a des siècles.

La place Seffarine

Nous rentrons ensuite dans la médersa La meilleure Cherattine, fondée par le sultan Moulay Rachid en 1671. Une médersa est une école religieuse islamique traditionnelle. Celle-ci n’est plus utilisée, seulement en tant que musée. Elle a été achevée par le sultan Moulay Ismail en 1678 en faisant un centre pour les sciences à cette époque. Elle comprend 230 chambres, et une salle de prière. La médersa accueillait des étudiants de différentes régions du Maroc. La fontaine au milieu sert aux ablutions, avant de venir s’asseoir en demi-lune dans la salle de prière.

On a accès à tous les étages de ce drôle de dortoir étudiant. Les chambres sont extrêmement petites et il y a une mezzanine dans chaque chambre. Un étudiant dort en bas, et un autre un peu plus chanceux (et un peu plus maigre) dort en haut.

L’entrée de la médersa
Une chambre, avec une fenêtre, certaines n’en ont même pas !
Une chambre d’étudiant, en grand angle
La fontaine, devant la salle de prière

Ensuite, nous traversons Fondouk Kaat Smen. C’est un ancien fondouk (caravansérail urbain : auberge-entrepôt pour marchands et animaux) qui a été entièrement restauré et transformé en espace d’artisanat traditionnel. Aujourd’hui, on y trouve uniquement des artisans locaux (bois, cuir, textile, broderie, etc.). Comme on est vendredi, il n’y a que deux artisans ouverts, dommage.

Notre guide nous fait rentrer dans Kissariat Al Kifah, le « souk des mariages ».

spécialisé dans tout ce qui concerne la mariée et les cérémonies : caftans, accessoires, bijoux, trônes de mariage, etc.

C’est l’endroit typique où les futures mariées viennent choisir leurs tenues (souvent plusieurs pour la cérémonie traditionnelle fassie).

Nous ne pouvons admirer que l’architecture, et une des portes menant au mausolée de Moulay Idriss II. Le porte est fermée mais nous aurons l’occasion plus tard de l’apercevoir à travers une porte ouverte de la mosquée qui le contient. La porte et ses décorations datent du 15eme siècle.

Le « souk des mariages »
La porte fermée menant au mausolée de Moulay Idriss II
En rouge, le mausolée

On a entraperçu l’intérieur de la mosquée et Université Al-Quaraouiyine, puis on l’a observée depuis un toit-terrasse.

Elle est l’un des monuments les plus importants du monde islamique — et un lieu majeur de Fès.

Elle a été fondée entre 857 et 859 par Fatima al‑Fihri, une femme originaire de Kairouan.
À l’origine, c’était une mosquée de quartier.
Elle est devenue rapidement un centre d’enseignement religieux.
Elle est souvent considérée comme la plus ancienne institution d’enseignement supérieure encore en activité au monde.

Dès le Moyen Âge, Al-Quaraouiyine attire des étudiants de tout le monde musulman (et même d’Europe).
On y enseigne :
– théologie et droit musulman
– grammaire arabe
– philosophie
– mathématiques, médecine, astronomie (à certaines périodes)
Le système de diplôme (ijaza) y existait déjà, ancêtre des diplômes modernes.

C’est aujourd’hui la plus grande mosquée de Fès = elle peut accueillir 22 000 fidèles à la fois!! Sympa pour retrouver sa paire de chaussures 🥹.

Une des entrées de la mosquée université, où l’on peut voir la fontaine en marbre.
Vue sur la mosquée et Université Al-Quaraouiyine

Nous faisons une halte dans une herboristerie coopérative qui n’utilise que des ingrédients naturels (soit disant hein, comment être sûre 🙃). Nous essayons plein de crèmes et d’huile à base d’argan de bave d’escargot, de jasmin… On ressort en sentant très bon et avec un porte-monnaie plus léger 😁. Perso, je repars avec du musc, de l’oude et de l’ambre, ainsi que de l’huile d’argan avec du jasmin, et un espèce de carré d’ambre qui sert de déodorant ou désodorisant pour les habits par exemple.

Julie qui donne son trognon de pomme à un taxi!

Dans la médina de Fès, il existe de petits endroits sacrés liés à des saints où les gens mettent la main dans une ouverture du mur et déposent une pièce en faisant un vœu.
Ce geste vient d’une tradition populaire de baraka (bénédiction).
Ces lieux se trouvent souvent près de la mosquée Al-Quaraouiyine ou du mausolée de Moulay Idriss II.
On y demande chance, protection ou guérison, fertilité.

Ce n’est pas un rite islamique officiel, mais une tradition populaire marocaine

Voici un lieu de baraka. Celui-ci se trouve autour du mausolée de Moulay Idriss II.

Ensuite nous visitons rapidement un magasin de tissus avant d’aller faire un tour sur le toit-terrasse pour avoir une vue sur la mosquée université. On n’a pas trop le temps de regarder les différents tissus ou écharpes que la promenade continue à travers la médina.

On est rentrés rapidement dans le plus vieux hammam de Fes mais je ne me souviens plus le nom et les prix étaient assez élevés donc cela ne nous a pas intéressé plus que ça. On nous a fait la visite comme si c’était un musée et il n’y avait aucun client quand nous sommes arrivés. Je n’ai pas trop compris leur organisation du coup… Je me suis dit que ce n’était pas très hygiénique de rentrer avec nos grosses godasses dégueulasses et de se faire un hammam ou un massage au même endroit. Peut-être qu’il y a d’autres salles ? Aucune idée, je n’ai pas posé la question. Par contre la décoration était très jolie!

On continue la balade en passant par la rue la plus étroite de Fès.

La visite se termine au même endroit que le rendez-vous de ce matin, c’est-à-dire à quelques minutes de notre hôtel, là où le taxi nous avait déposé le tout premier jour. Il est déjà 14h passées et nous n’avons pas encore mangé. Nous président d’aliment d’aller manger dans un des restaurants en face de cette place qui a l’air d’avoir un super toit terrasse.

On commande un jeu à base d’avocat et de jus d’orange ainsi qu’une salade marocaine cuite et un tajine aux pruneaux et amandes. On a une super vue. La nourriture est bonne et il fait super bon le soleil pointe le bout de son nez. La température est vraiment idéale !

C’est avec cette superbe vue que je découvre que je vais être tata ! 🥹
Un thé à la menthe et des pâtisseries marocaines pour terminer le repas

Nous avons encore quelques heures avant la nuit tombée. Du coup nous décidons d’aller faire un tour du côté du palais royal. On prend un petit taxi pour y aller.

Julie fait mumuse avec mon téléphone

De l’autre côté de la rue, nous empruntons un passage pour rentrer dans le quartier juif qui n’est pas très touristique. Un vieux monsieur, nous aborde et commence à nous expliquer des petites choses par rapport à l’histoire de ce quartier.

Les immeubles datent du Moyen-Âge. Les voisins peuvent se faire la bise depuis leur fenêtre tellement ils sont proches !

Le quartier est particulièrement délabré et abandonné, les juifs ayant vendu leur maison avant de quitter le pays mais il y a quand même pas mal de travaux en cours, notamment une école en construction et un musée tout neuf.

Le musée tout neuf

On traverse une espèce de couloir qui fait office de rue avec sur la droite des habitations qui font extrêmement pauvres et à gauche des ouvertures comme des fenêtres avec des barreaux qui donnent sur un cimetière juif très grand.

Le vieux monsieur, nous fait croire qu’il travaille dans la réhabilitation du quartier que les Américains financent les travaux et que les touristes en finance une partie grâce à leur donation. Un moment un peu gênant s’ennuie car il nous demande 10 € pour nous avoir amenées jusqu’ici. Je lui tends 15 dirham, qu’il finit par prendre avec un peu d’amertume. Je comprends surtout que la générosité ici n’est pas gratuite… Entre lui et le mec d’hier qui nous a demandé de l’argent parce qu’il a fait 50 mètres avec nous pour nous aider à retrouver notre chemin, bon… Moi perso ça me refroidit un petit peu ce genre de truc !

On décide de reprendre le chemin vers la médina en traversant cette fois-ci le quartier arabe. On traverse en espèce de souk qui ressemble pas mal au quartier de Noailles à Marseille, en plus grand et aéré quand même. Le début du souk commence par des fruits et légumes et des pâtisseries et se termine plutôt par des vêtements et des chaussures, ou encore des soutien-gorge, du PQ…

On passe devant le jardin Jnane Sbil, mais il est encore fermé. C’est dommage. Quand est-ce qu’il est ouvert celui-là ?

Notre destination finale pour cette journée. Le British saloon un bar fait pour les touristes clairement. On était passé devant hier soir et on s’est dit qu’on y reviendrait prendre un verre un de ces quatre. Pour rentrer dans le bar, il suffit de toquer à la porte et dans les serveurs viens nous offrir je me demande si c’est pour filtrer les clients?

Pour rentrer, on a suivi le GPS sur le téléphone de Julie et on arrive en un rien de temps à l’hôtel. Juste le temps de prendre une douche et notre repas est servi au rez-de-chaussée !

On termine la soirée par la prise de dessert sur le toit-terrasse du riad en papotant et en écrivant cet article de blog. Et oui, internet fonctionne beaucoup mieux sur le toit terrasse car dans la chambre il n’y a pas trop de réseau 🥹.

Demain nous avons une excursion par 9h !

À demain !

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