Ce matin, j’ai rendez-vous à 9h15 quasiment au même endroit que la précédente excursion. Je suis sortie de la chambre un poil en retard mais en marchant bite j’arrive pile à l’heure.

Cette fois, le conducteur est également le guide. Je trouve qu’il conduit mieux que celui de la précédente excursion et il a beaucoup plus d’explications que le guide d’avant…

Même en allant chercher d’autres personnes à un autre pick-up point, il rend le trajet agréable en commentant les immeubles, en parlant de l’histoire de la ville, du communisme à l’époque…

Durrës (ou Durres, Durrësi en albanais) est la deuxième ville la plus peuplée d’Albanie et son principal port maritime. Elle se trouve sur la côte adriatique, à environ 30-35 km à l’ouest de Tirana, ce qui en fait une destination très accessible depuis la capitale.

C’est l’une des plus ancienne ville d’Allemagne et même d’Europe. Elle a été fondée vers 627 avant Jésus-Christ par des collants grecs.

Le port de Durrës est un hub régional important qui sert non seulement l’Albanie, mais aussi les pays voisins sans accès à la mer, en particulier le Kosovo et la Macédoine du Nord (ainsi que partiellement d’autres comme la Serbie).

Durres est une ville portuaire qui devient de plus en plus touristique. Les Emirats Arabes Unies investissent énormément et sont en train de construire d’immenses hôtels, et complexes touristiques. Même le port a priori sera déplacé.

La ligne ferroviaire entre Tirana et Durres est en train d’être réhabilitée également, ce qui est super je trouve. La ligne desservira l’aéroport international aussi.

C’est à Durrës que s’est écrit l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire albanaise contemporaine. Le 8 août 1991, le vieux cargo Vlora arrive à Durrës pour décharger et réparer son vieux moteur qui était en panne.

Une foule immense (des jeunes, des familles, des hommes surtout) envahit le navire, fuyant la misère et le chaos qui ont suivi l’effondrement du régime communiste.. Sous la dictature d’Enver Hoxha, toute tentative de fuite était extrêmement dangereuse et rare. Ce n’est qu’à partir de 1990, lorsque le régime s’affaiblit, que les frontières deviennent poreuses. L’économie était alors en ruine : pénuries extrêmes, hyperinflation et anarchie.

Les gens montent par milliers, forçant le capitaine (Halim Milaqi) à lever l’ancre malgré l’overloading extrême, le manque de carburant suffisant, l’absence de radar et les conditions dangereuses.
Le navire part surchargé (on estime 15 000 à plus de 20 000 personnes) et arrive le 8 août 1991 au petit matin à Bari en Italie.
C’est l’un des plus grands débarquements de migrants sur un seul navire en Europe moderne.

L’Italie est prise de court. Les autorités accueillent les réfugiés dans un premier temps, mais beaucoup sont parqués dans le stade de Bari dans des conditions difficiles (chaleur, manque d’eau et de nourriture). Une partie est renvoyée en Albanie par la suite, mais beaucoup restent et contribuent à la diaspora albanaise en Italie.

Aujourd’hui, on commémore régulièrement cet événement, avec des expositions et des hommages (notamment à Bari et Durrës).

Sous la dictature d’Enver Hoxha, la musique occidentale (rock, pop, jazz, etc.) était strictement interdite ou fortement censurée. Elle était vue comme un vecteur de décadence capitaliste et d’influence étrangère. Les Albanais qui voulaient écouter les Beatles, les Rolling Stones, Tina Turner ou Bob Dylan le faisaient souvent en secret, via des cassettes pirates, des radios étrangères (comme Radio Tirana qui captait parfois des stations italiennes) ou en risquant des sanctions (prison, camp de concentration…).
Après la chute du communisme, ces artistes sont devenus des symboles forts de liberté, d’ouverture et du rêve occidental.
L’emplacement des statues
Les quatre statues (John Lennon, Mick Jagger, Bob Dylan et Tina Turner) sont installées face au port de Durrës, précisément là d’où des milliers de jeunes ont fui vers l’Italie en 1991 (comme avec le Vlora). Selon les sources locales, elles ont été placées à cet endroit parce que c’est « la porte par laquelle beaucoup de jeunes, en écoutant leurs chansons, rêvaient de l’Occident ».

😍

A Durrës, nous avons 2 petits temps libre. J’en profite pour boire un café, acheter des petites choses à manger, profiter du soleil. La température est vraiment idéale.

Nous allons voir l’amphithéâtre de Durrës qui avait probablement une belle bue sur la mer Adriatique. Il a été construit au deuxième siècle avant Jésus-Christ. C’était l’un des plus grands amphithéâtre romain des pays balkans (jusqu’à 20.000 places).

Redécouvert seulement dans les années 1960 (par l’archéologue Vangjel Toçi), il était en grande partie enfoui sous des constructions plus récentes, car la ville s’est développée directement dessus pendant des siècles.
Aujourd’hui, une partie est visible (l’arène, des galeries souterraines, des gradins), mais une grande portion reste encore sous des maisons ou des bâtiments. C’est ce qui rend le site unique : un amphithéâtre romain intégré en plein centre-ville moderne.

Pour rénover l’amphithéâtre, les autorités détruisent petit à petit certaines maisons qui avaient été construites au-dessus du monument. Le but est de dégager l’arène, de continuer les fouilles et de créer un parc archéologique. Les propriétaires reçoivent de l’argent de l’État en compensation (plusieurs dizaines de millions de lek selon les cas), parfois avec des propositions de relogement. Ce projet crée des débats entre la protection du patrimoine et le désir des habitants de garder leur maison.

Ces petites maisons vont être détruites et leurs habitants « compensés »

On a un petit peu de temps libre avant de passer à la suite. Alors je vais m’acheter quelques petites choses à manger.

Nous arrivons ensuite à Berat, surnommée « la ville aux mille fenêtres », et placée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008, pour son centre historique bien préservé de l’ architecture ottomane.

Elle a été habitée par des communautés chrétiennes et musulmanes qui ont coexisté pendant des siècles, ce qui se voit encore dans l’architecture (églises byzantines et mosquées ottomanes). Enver Hoxha l’a proclamée « ville-musée » dans les années 1960-1970, aidant à sa préservation.

Berat a plusieurs quartiers :

Le quartier de Mangalem : Le plus emblématique, avec ses maisons ottomanes blanches empilées sur la colline. C’est de là que vient vraiment le surnom de « mille fenêtres ».
Le quartier de Gorica : De l’autre côté du pont ottoman (XVIIIe siècle), sur la rive opposée de l’Osum. Plus calme, avec de belles vues sur Mangalem et le château.

Mangalem était traditionnellement le quartier musulman de Berat pendant la période ottomane (après la conquête en 1417). Il contrastait avec Gorica, sur la rive opposée, qui était le quartier chrétien (principalement orthodoxe).

Les habitants étaient majoritairement des familles musulmanes albanaises, souvent des artisans, commerçants ou fonctionnaires ottomans. Les grandes maisons reflétaient le statut social et la richesse (plus de fenêtres = plus de prestige et de lumière).

On a un peu plus de 2h de temps libre pour aller manger et se balader. Je pose la question au guide et il m’emmène dans un restaurant qu’il me suggère. Il faut monter quelques marches. Autrement dit plus on monte moins il y a de monde.

Le petit restaurant qu’il conseille est très charmant. Il n’y a que moi et un couple d’italien qui font également partie de l’excursion.

Le plat sur la photo est un fërgesë, l’un des plats traditionnels les plus emblématiques de la cuisine albanaise.
Il s’agit d’un ragoût crémeux préparé avec des poivrons rouges, des tomates, des oignons et du fromage frais local (gjizë). On le cuit souvent dans un plat en terre cuite, ce qui lui donne une texture onctueuse et légèrement gratinée. Il existe des versions végétariennes ou avec du foie.

Après cet intermède gustatif, je décide d’aller me promener le long de la rivière du côté du quartier Gorica pour avoir une belle vue sur le quartier Mangalem.

Je repasse le pont pour retourner du côté de mangalem mais je continue mon chemin du côté de la ville nouvelle pour aller voir une église histoire de, puis je reviens sur mes pas.

On va ensuite au château de Berat :

Le château de Berat a été créé au IVe siècle avant J.-C. par les Illyriens. Il a été renforcé plusieurs fois, surtout au XIIIe siècle par les Byzantins.
Ses particularités architecturales : Il possède de grands remparts en pierre avec des tours toutes les 50m, des ruelles pavées, de vieilles maisons ottomanes et une vingtaine d’églises anciennes. Certaines églises sont encore en fonctionnement, d’autres tombent en ruines.
Aujourd’hui, une centaine de familles vivent encore à l’intérieur du château, comme leurs ancêtres depuis plus de 2400 ans. Le château est donc ouvert 24h/24, toute l’année. Les touristes doivent s’acquitter d’un petit droit d’entrée pour venir visiter. Il y a très peu de monde dans les rues, le village est très agréable. Il y a surtout du monde au niveau du point de vue qui est remarquable !

Dernier arrêt de la journée, le lac Balshi, pour avoir un peu de free time, assez pour goûter une spécialité, le treleçe 😜.

Et c’est une fin de journée ! Longue mais très sympa!

Demain c’est repos 😉

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